Ecclésiastique ou Siracide 13

Qui touche à la poix se souille, et qui se lie avec l’orgueilleux lui devient semblable. Ne mets pas sur tes épaules un lourd fardeau, et ne te lie pas avec un homme plus fort et plus riche que toi. Quelle association peut-il y avoir entre le pot de terre et le chaudron ? Le chaudron heurtera le pot, et celui-ci sera brisé. XIII, 2. La Vulg. traduit largement les deux premiers membres : il s’impose un lourd fardeau celui qui se lie avec un plus riche que soi, et ne deviens pas le compagnon d’un plus riche que toi. Le riche commet une injustice, et il frémit d’indignation ; 3 sv. La situation de la Palestine à l’époque de Ben Sirach donne une valeur particulière aux traits de mœurs rappelés dans ces versets. Les grands et les riches que l’auteur a surtout en vue, ce sont pour la plupart les étrangers, qui tenaient les Juifs asservis et qui, non seulement les exploitaient, mais s’efforçaient encore de les gagner à leur cause et à leurs opinions. Les petits et les pauvres, ce sont les Israélites qui, par des relations faciles et habituelles avec leurs vainqueurs idolâtres, auraient été exposés à perdre leur attachement à leurs croyances et à leur culte national. le pauvre est maltraité, et il demande excuse. 3. Il demande excuse. Vulg. (4), il se tait. Tant que tu pourras lui être utile, il se servira de toi, et quand tu n’auras plus rien, il te délaissera. Si tu as du bien, il vivra avec toi, 5. Il vivra avec toi ; Hébr., il te donnera de bonnes paroles. il te dépouillera, et n’aura nul souci. Lui es-tu nécessaire ? il t’enjôlera, il te sourira et te donnera des espérances, il te dira de belles paroles et te dira : « De quoi as-tu besoin ? » Il te rendra confus par ses festins, jusqu’à ce qu’il t’ait dépouillé deux ou trois fois, et, à la fin, il se rira de toi ; après quoi, il te verra et te délaissera, et secouera la tête devant toi. 7. L’Hébreu n’a pas le 1er membre : pour le 2e et le 3e ; il porte : tant qu’il tire profit de toi, il se moque de toi ; deux ou trois fois, il te… — La Vulg. (9) ajoute : Humilie-toi devant Dieu et attends ses mains, son secours. Prends garde de te laisser séduire, et, au sein de la prospérité, de tomber dans l’humiliation. 8. Hébr., prends garde de ne pas être présomptueux, et ne ressemble pas (?) à ceux qui manquent d’intelligence. — Au sein de la prospérité etc. La Vulg. (10) (εὐφροσύνῃ, ayant été lu ἀφροσύνῃ) de ne pas tomber dans la sottise. — Elle ajoute (11) : ne t’abaisse pas dans ta sagesse, de peur que cet abaissement ne t’entraîne à la sottise. L’auteur mettrait en garde contre une humilité qui ne serait que bassesse et abdication de sa propre dignité et même de sa conscience. Si un puissant t’appelle, 9. T’appelle, Hébr., s’approche. retire-toi en arrière ; il ne fera que t’inviter avec plus d’instances. Ne tombe pas sur lui à l’improviste, de peur d’être repoussé, et ne te tiens pas trop loin de lui, de peur d’être oublié. Ne t’imagine pas de causer avec lui d’égal à égal, et ne te fie pas à ses nombreux discours. Car par son flux de paroles il te tentera, et il t’interrogera comme en souriant. 12. Il t’interrogera ; la Vulg. (14) ajoute : sur tes secrets. Homme sans pitié, il ne gardera pas pour lui tes paroles, et il ne t’épargnera ni les coups ni les chaînes. Prends garde et fais bien attention, car tu marches avec ta ruine. 13. Plusieurs manuscrits grecs et la Vulg. (17, 18) ajoutent : si tu entends cela, les paroles du puissant qui veut te gagner, vois comme si c’était en songe, n’y attache pas plus d’importance, et tiens-toi éveillé. Toute la vie aime Dieu, et invoque-le pour ton salut. — Hébr., 2e membre, et ne marche pas avec les hommes de violence. Toute créature vivante aime son semblable, et tout homme son prochain. Toute chair s’unit selon son espèce, et tout homme s’associe à son semblable. Quelle union peut-il y avoir entre le loup et l’agneau ? Il en est de même entre le pécheur et l’homme pieux. Quelle paix peut avoir l’hyène avec le chien ? 17. L’hyène rôde la nuit autour des troupeaux, et se trouve souvent en lutte avec les chiens qui les gardent. En latin, l’homme saint, sans doute par suite d’une fausse leçon. Quelle paix le riche avec le pauvre ? Les onagres sont la proie des lions dans le désert ; ainsi les pauvres sont la proie des riches. L’orgueilleux a en horreur l’humiliation : ainsi le riche a en horreur le pauvre. Le riche vient-il à chanceler, ses amis le soutiennent ; mais quand l’humble tombe, il est encore repoussé par ses amis. Quand le riche fait une chute, beaucoup lui viennent en aide ; il tient des discours insensés, et on l’approuve. Quand l’humble fait une chute, il a encore des reproches. 21. La Vulg. (27) ajoute : il (le pauvre) parle avec sens, et il n’y a pas de place pour lui. De même l’Hébreu. Le riche parle, et tout le monde se tait ; et on élève son discours jusqu’aux nues. Le pauvre parle, et l’on dit : « Quel est celui-là ? » et, s’il heurte, on le culbute. La richesse est bonne quand elle n’est pas unie au péché, et la pauvreté est mauvaise dans la bouche de l’impie. 23. Vulg. (30), 1er membre : La richesse est bonne pour celui qui n’a pas de péché dans la conscience ; Hébr., s’il n’y a pas de péché. — Dans la bouche de l’impie ; Hébr., en proportion de l’impiété. Le cœur de l’homme change son visage, soit en bien, soit en mal. Le signe d’un cœur content est un visage joyeux ; pour trouver de sages maximes, il faut le labeur de la réflexion. 25. Vulg. (32). Tu trouveras difficilement et avec labeur la marque d’un cœur content et un visage joyeux.

Cité dans 12