Jérémie 1

Paroles de Jérémie, fils d’Helcias, un des prêtres qui habitaient à Anathoth, au pays de Benjamin. I, 2, 3. Le titre renfermé dans ces versets ne s’étend pas à tout ce que contient le livre de Jérémie, mais seulement aux trente neuf premiers chapitres (comp. xl, 1). Il est à croire que le prophète, aussitôt après la prise de Jérusalem, réunit en une collection, portant le titre qu’on vient de lire, tous les oracles qu’il avait prononcés jusque là. Plus tard, le prophète lui-même ou son secrétaire Baruch auraient ajouté, sans changer le titre, les autres faits et les discours relatés dans notre livre. La parole de Yahweh lui fut adressée aux jours de Josias, fils d’Amon, roi de Juda, la treizième année de son règne ; et elle le fut aux jours de Joakim, fils de Josias, roi de Juda, jusqu’à la fin de la onzième année de Sédécias, fils de Josias, roi de Juda, jusqu’à la déportation de Jérusalem au cinquième mois. La parole de Yahweh me fut adressée en ces termes : « Avant de te former dans le ventre de ta mère, je t’ai connu, et avant que tu sortisses de son sein, je t’ai consacré ; je t’ai établi prophète pour les nations. » Et je dis : « Ah ! Seigneur Yahweh, je ne sais point parler, car je suis un enfant ! » 6. Un enfant, hebr. na’ar : un Israélite se disait tel tant qu’il n’avait pas atteint l’âge de trente ans : Jérémie pouvait en avoir de vingt à vingt cinq. Et Yahweh me dit : « Ne dis pas : Je suis un enfant, car tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai, et tu diras tout ce que je t’ordonnerai. Sois sans crainte devant eux, car je suis avec toi pour te délivrer, — oracle de Yahweh. »
Le prophète Jérémie
Puis Yahweh étendit sa main et toucha ma bouche ; et Yahweh me dit : « Voici que je mets mes paroles dans ta bouche ; 9, 10. Pour arracher…, pour bâtir… La mission de Jérémie sera un ministère de châtiment et de destruction, mais aussi un ministère de restauration et de grâce : de la fournaise de Babylone sortira un nouveau peuple de Dieu, plus saint et plus nombreux que le premier ; tout le livre est le développement de cette double pensée. vois, je t’établis en ce jour sur les nations et sur les royaumes, pour arracher et pour abattre, et pour perdre et pour détruire, et pour planter et pour bâtir. » Et la parole de Yahweh me fut adressée en ces termes : « Que vois-tu, Jérémie ? » Et je dis : « Je vois une branche d’amandier. » 11, 12. Une branche d’amandier. En hébreu schâqéd, c.-à-d. le veillant, nom poétique de l’amandier, parce que cet arbre est le premier à fleurir au printemps et comme à s’éveiller du sommeil de l’hiver. De là un jeu de mots avec je veille au vers. 12, schôqéd. Le jeu de mots était d’autant plus sensible à l’origine qu’on prononçait schaqid, branche d’amandier, et schâqid, veillant. Et Yahweh me dit : « Tu as bien vu, car je veille sur ma parole pour l’accomplir. » Et la parole de Yahweh me fut adressée une seconde fois en ces termes : « Que vois-tu ? » Et je dis : « Je vois une chaudière qui bout, et elle vient du côté du septentrion. » 13, 14. Elle vient du côté, litt. sa face est en sens contraire au septentrion, par conséquent tournée vers la Judée, sur laquelle elle doit verser les fléaux dont elle est remplie. Ces fléaux sont l’invasion chaldéenne avec toutes ses suites. La Palestine était située à l’O. de Babylone ; mais les armées chaldéennes, pour éviter le désert de Syrie, prenaient pour l’envahir le chemin du Nord. Et Yahweh me dit : « C’est du septentrion que le malheur se répandra sur tous les habitants du pays. Car me voici qui appelle toutes les familles des royaumes du septentrion, — oracle de Yahweh. Et elles viendront, et ils placeront chacun leur trône à l’entrée des portes de Jérusalem, devant toutes ses murailles à l’entour, et devant toutes les villes de Juda. Et je prononcerai mes sentences contre eux, pour toute leur méchanceté, parce qu’ils m’ont abandonné, qu’ils ont offert de l’encens à d’autres dieux et adoré l’ouvrage de leurs mains. Et toi, ceins tes reins, lève-toi et dis-leur tout ce que je t’ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, de peur que je ne te laisse trembler devant eux. Et moi, voici que je t’établis en ce jour comme une ville forte, une colonne de fer et une muraille d’airain, devant tout le pays, devant les rois de Juda, devant ses princes, devant ses prêtres et devant le peuple. Ils te feront la guerre, mais ils ne pourront rien sur toi, car je suis avec toi pour te délivrer, — oracle de Yahweh. »

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