Jérémie 20

Le prêtre Phassur, fils d’Emmer, qui était surveillant en chef XX, 1. Surveillant en chef : ayant la police du Temple, il s’attribuait le droit de réprimer les abus commis dans l’enceinte sacrée. dans la maison de Yahweh, entendit Jérémie prononcer ces prophéties. Et Phassur frappa Jérémie le prophète et le fit mettre aux ceps, 2. Ceps : bloc de bois percé de trous, dans lesquels étaient engagés les mains et les pieds du prisonnier, de manière à maintenir le corps courbé dans une position extrêmement pénible. — La porte Haute de Benjamin, la porte septentrionale du parvis intérieur (comp. Ezéch. viii, 3 ; ix, 2), appelée aussi porte Neuve (xxvi, 10 et xxxvi, 10) ; c’était la partie la plus élevée de la colline du Temple. On ajoute ; qui est dans la maison de Yahweh, pour la distinguer de la porte de la ville qui avait le même nom. à la porte Haute de Benjamin, qui est dans la maison de Yahweh. Le lendemain, Phassur fit sortir Jérémie des ceps, et Jérémie lui dit : « Ce n’est plus Phassur que Yahweh t’appelle, mais Magor-Missabib. 3. Magor-Missabib, c.-à-d. terreur tout autour, comme traduit la Vulg. Le vers. 4 fait l’application de ce nom symbolique : Phassur aura peur et fera peur, il sera dangereux d’avoir été de ses amis. Car ainsi parle Yahweh : Voici que je te livre à la terreur, toi et tous tes amis ; ils tomberont sous l’épée de leurs ennemis, et tes yeux le verront. Et je livrerai aussi tout Juda aux mains du roi de Babylone, et il les emmènera captifs à Babylone, et les frappera de l’épée. Je livrerai toutes les richesses de cette ville, tous ses produits, tous ses objets précieux, et tous les trésors des rois de Juda, je les livrerai aux mains de leurs ennemis ; et ils les pilleront, les enlèveront, et les emmèneront à Babylone. Et toi, Phassur, et tous ceux qui habitent dans ta maison, vous irez en captivité ; tu iras à Babylone, et là tu mourras, là tu seras enterré, toi et tous tes amis, auxquels tu as prophétisé le mensonge. Tu m’as séduit, 7. Tu m’as séduit : en m’offrant le ministère prophétique dont je ne voulais pas. (i, 5 sv). tu ne m’as pas annoncé ouvertement les persécutions qu’il me susciterait ; tu m as promis au contraire, aide et assistance ; et maintenant que je l’ai accepté, tu me délaisses ! Yahweh, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi et tu as prévalu. Je suis chaque jour un objet de risée ; tous se moquent de moi. Car chaque fois que je parle, je crie, j’annonce violence et dévastation, et la parole de Yahweh est pour moi opprobre et sujet de risée, chaque jour. Je disais : « Je ne ferai plus mention de lui, je ne parlerai plus en son nom… » Il y avait dans mon cœur comme un feu dévorant, enfermé dans mes os ; je m’efforçais de le contenir, et je n’ai pas pu. 9. « Ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportés, mais c’est poussés par l’Esprit Saint que les saints hommes de Dieu ont parlé » (II Pier. i, 21). — Je n’ai pas pu ; LXX ajoutent : le porter. Car j’entendais les propos méchants de la foule : « Terreur de toutes parts ! Dénoncez, allons le dénoncer ! » Tous ceux avec qui j’étais en paix épient mes pas : « S’il se laisse séduire, nous prévaudrons contre lui, et nous tirerons vengeance de lui. » Mais Yahweh est avec moi comme un héros puissant ; c’est pourquoi mes persécuteurs s’affaisseront, et ils ne prévaudront pas. Ils seront confus pour n’avoir pas réussi, d’un opprobre éternel, qui ne sera pas oublié. Yahweh des armées, toi qui éprouves le juste, qui vois les reins et les cœurs, je verrai la vengeance que tu tireras d’eux, car c’est à toi que j’ai remis ma cause. Chantez à Yahweh, louez Yahweh, car il a tiré l’âme du malheureux de la main des méchants. Maudit soit le jour 14. Maudit soit le jour : Comp. Job. iii, 1 sv. où je suis né ! Que le jour où ma mère m’a enfanté ne soit pas béni ! Maudit soit l’homme qui porta la nouvelle à mon père, en lui disant : « Un enfant mâle t’est né ! » et qui le combla de joie ! Que cet homme soit comme les villes que Yahweh a renversées sans s’en repentir ! Qu’il entende le matin le cri des vaincus, et à midi les vociférations des vainqueurs ! 16. Comme les villes de Sodome et Gomorrhe. Parce qu’il ne m’a pas tué dès le sein maternel, afin que ma mère fût mon tombeau, ou que son sein me gardât éternellement ! Pourquoi suis-je sorti de son sein, pour voir la peine et la douleur, et pour consumer mes jours dans l’ignominie ?

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