Jérémie 22

Ainsi parle Yahweh : Descends à la maison du roi de Juda, et là tu prononceras ces paroles : Tu diras : Écoute la parole de Yahweh, ô roi de Juda, qui sièges sur le trône de David, toi, tes serviteurs et ton peuple, qui entrez par ces portes. XXII, 2-9. Exhortation adressée selon toute probabilité à Sédécias. Elle sert de préambule à une récapitulation des jugements portes sur les prévarications de la royauté et sur les suites qu’elles ont entraînées dans le peuple. On parle de Joachaz, Joachim, Joachin, pour aboutir à Sédécias, héritier des prévarications et du châtiment. Ainsi parle Yahweh : Faites droit et justice ; arrachez l’opprimé aux mains de l’oppresseur ; l’étranger, l’orphelin et la veuve, ne les maltraitez pas, ne les violentez pas, et ne versez pas le sang innocent dans ce lieu. Si vous accomplissez exactement cette parole, les rois assis sur le trône 4. Les rois assis sur le trône de David ; m. à m., assis par David sur son trône, entreront en grande pompe : le royaume restera florissant. de David entreront par la porte de cette maison, montés sur des chars et sur des chevaux, eux, leurs serviteurs et leur peuple. Mais si vous n’écoutez pas ces paroles, je le jure par moi-même, — oracle de Yahweh, cette maison deviendra une ruine. Car ainsi parle Yahweh, touchant la maison du roi de Juda : Tu es pour moi un Galaad, 6. Un Galaad, contrée montagneuse à l’Est du Jourdain, célèbre par ses belles forêts (Is. ii, 13 ; Zach. xi, 2) ; de même le Liban. Allusion au superbe palais royal élevé sur le mont Sion et orné de boiseries magnifiques (I Rois, vii, 2 sv.). le sommet du Liban ; eh bien ! je ferai de toi un désert, des villes inhabitées. Je prépare contre toi des destructeurs, chacun avec ses outils ; ils couperont tes cèdres de choix, et les jetteront au feu. De nombreuses nations passeront par cette ville, et elles se diront l’une à l’autre : « Pourquoi Yahweh a-t-il ainsi traité cette grande ville ? » Et l’on dira : « Parce qu’ils ont abandonné l’alliance de Yahweh, leur Dieu, qu’ils se sont prosternés devant d’autres dieux, et les ont servis. » Ne pleurez point celui qui est mort, 10. Celui qui est mort, Josias, tué à la bataille de Mageddo (609 avant J.-C.) ; son sort est préférable au vôtre ; il ne verra pas la ruine de sa patrie. — Celui qui s’en est allé, Joachaz, bis et successeur de Josias, emmené captif en Égypte, par le pharaon Néchao, après trois mois de règne. et ne vous lamentez pas sur lui ; pleurez, pleurez celui qui s’en est allé, car il ne reviendra plus, et ne verra pas le pays de sa naissance ! Car ainsi parle Yahweh touchant Sellum, 11. Sellum, le même que Joachaz. fils de Josias, roi de Juda, qui a régné à la place de Josias, son père, et qui est sorti de ce lieu : Il n’y reviendra plus ; au lieu où on l’a emmené captif, il mourra, et il ne reverra plus ce pays. Malheur à celui 13. Il s’agit de Joakim, frère et successeur de Joachaz, qui, non content de pressurer son peuple pour acquitter le tribut imposé par le pharaon Néchao (II Rois, xxiii, 33), se faisait construire des demeures fastueuses sans même payer les ouvriers : abus sévèrement défendu par la loi : Lév. xix, 13 ; Deut. xxiv, 15. — Son prochain : ce n’est que dans la Bible que le sujet ou l’esclave d’un roi oriental est son prochain. Comp. Deut. xvii, 14-20. qui bâtit sa maison par l’injustice, et ses étages avec l’iniquité, qui fait travailler son prochain pour rien, sans lui donner son salaire ! Qui dit : « Je me bâtirai une maison vaste, et des chambres spacieuses ; » qui y perce beaucoup de fenêtres, la couvre de cèdre, et la peint au vermillon ! Es-tu roi parce que tu as la passion du cèdre ! Ton père n’a-t-il pas mangé et bu ? Il faisait droit et justice, alors tout allait bien pour lui ; il jugeait la cause du malheureux et du pauvre, alors tout allait bien. N’est-ce pas là me connaître, — oracle de Yahweh ? Mais tes yeux et ton cœur ne sont tournés qu’à ton intérêt, au sang innocent pour le répandre, à l’oppression et à la violence pour les commettre. C’est pourquoi ainsi parle Yahweh touchant Joakim, fils de Josias, roi de Juda : On ne pleurera pas sur lui, en disant : « Hélas ! mon frère, hélas, ma sœur ! » On ne pleurera pas sur lui, en disant : « Hélas, seigneur ! hélas, majesté ! » Il sera enterré comme on enterre un âne, il sera traîné et jeté hors des portes de Jérusalem. 19. Il n’aura pas les honneurs de la sépulture. Sur la fin de Joakim, voir II Rois, xxiv, 6 et II Par. xxxvi, 6. Monte 20. Monte : les habitants de Jérusalem et de Juda, représentés sous la figure, soit de la fille de Sion, soit d’une femme en détresse, sont invités à gravir les sommets des montagnes qui forment au nord et à l’est la frontière d’Israël, pour voir si quelqu’un de leurs anciens alliés ne vient pas à leur secours, et, ce secours manquant, à faire entendre au loin leurs lamentations. au Liban et crie ; élève ta voix en Basan ! Crie du haut d’Abarim, car tous tes amants sont brisés. Je t’ai parlé au temps de ta prospérité ; tu as dit : « Je n’écouterai pas ! » C’est là ta conduite dès ta jeunesse ; tu n’as pas écouté ma voix ! Car le vent emmènera paître tes pasteurs, et tes amants iront en captivité ; alors tu seras couverte de confusion et de honte pour toute ta méchanceté. Toi qui habite au Liban, qui places ton nid dans les cèdres, comme tu gémiras quand viendront sur toi les douleurs, des convulsions pareilles à celles d’une femme en travail ! Je suis vivant ! — oracle de Yahweh : Quand Jéchonias, 24. Jéchonias, hébr. Chonias. — Un anneau, fixé au doigt, un objet dont on ne se sépare pas. fils de Joakim, roi de Juda serait un anneau à ma main droite, je l’arracherais de là ! 24. Jéchonias monta sur le trône (I Par. iii, 16) à l’âge de dix huit ans (II Rois, xxiv, 8 ; comp. II Par. xxxvi, 9) ; au bout de trois mois de règne, il se rendit à Nabuchodonosor, qui le fit transporter à Babylone. Je te livrerai aux mains de ceux qui en veulent à ta vie, aux mains de ceux devant qui tu trembles, aux mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et aux mains des Chaldéens. Je te jetterai, toi et ta mère 26. Ta mère Nohesta, II Rois, xxiv, 8, 12, 15. — Comp. Jér. xxix, 2, où elle est appelée ghebîrah, souveraine, et II Par. xxxvi, 10. qui t’a mis au monde, dans un autre pays où vous n’êtes pas nés, et là vous mourrez. Et au pays où ils aspireront à revenir, 27. Où ils aspireront, litt. où ils pousseront leur âme. ils ne reviendront pas. Est-ce donc un vase méprisé et brisé que cet homme, Jéchonias, ou bien un ustensile dont personne ne veut ?… Pourquoi les a-t-on chassés, lui et sa race, et les a-t-on jetés dans un pays qu’ils ne connaissaient pas ? 28. Sentiment de douleur et de sympathie pour un royal descendant de David. Terre, terre, terre, écoute la parole de Yahweh ! Ainsi parle Yahweh : Inscrivez cet homme comme stérile, 30. Comme stérile, en ce sens que, eut-il des enfants (et il en eut en effet, d’après I Par. iii, 17), ce sera pour lui comme s’il n’en avait pas, parce que nul d’entre eux ne régnera sur Juda. comme un homme qui ne réussit pas dans ses jours ! Car nul de sa race ne réussira à s’asseoir sur le trône de David pour régner encore sur Juda !

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