Job 14

Job s’entretient avec ses amis
L’homme né de la femme vit peu de jours, et il est rassasié de misères. Comme la fleur, il naît, et on le coupe ; il fuit comme l’ombre, sans s’arrêter. Et c’est sur lui que tu as l’œil ouvert, lui que tu amènes XIV, 3. Lui que tu amènes, avec les LXX et le syriaque. Vulg. et Hébr. : C’est moi que tu amènes. en justice avec toi ! Qui peut tirer le pur de l’impur ? Personne. 4. Vulg. : Qui peut rendre pur ce qui a été conçu d’une semence impure ? N’est-ce pas toi seul ? Les LXX relient ce vers, au premier stique du suivant : Qui donc est pur de souillure ? Personne, même si sa vie est d’un jour sur terre. Si les jours de l’homme sont comptés, si tu as fixé le nombre de ses mois, si tu as posé un terme qu’il ne doit pas franchir, détourne de lui tes yeux pour qu’il se repose, jusqu’à ce qu’il goûte, comme le mercenaire, la fin de sa journée. Un arbre a de l’espérance : coupé, il peut verdir encore, il ne cesse pas d’avoir des rejetons. Que sa racine ait vieilli dans la terre, que son tronc soit mort dans la poussière, dès qu’il sent l’eau, il reverdit, il pousse des branches comme un jeune plant. Mais l’homme meurt, et il reste étendu ; quand il a expiré, où est-il ? Les eaux du lac disparaissent, le fleuve tarit et se dessèche : ainsi l’homme se couche et ne se relève plus, il ne se réveillera pas tant que subsistera le ciel, on ne le fera pas sortir de son sommeil. Oh ! Si tu voulais me cacher dans le séjour des morts, m’y tenir à couvert jusqu’à ce que ta colère ait passé, me fixer un terme où tu te souviendrais de moi ! Si l’homme une fois mort pouvait revivre ! Tout le temps de mon service j’attendrais qu’on vînt me relever. Tu m’appellerais alors, et moi je te répondrais ; tu languirais après l’ouvrage de tes mains. Mais hélas ! Maintenant, tu comptes mes pas, tu as l’œil ouvert sur mes péchés ; 16, 17 sont interprétés de deux manières. Les uns les mettent en antithèse avec le vers. 15 et les interprètent en un sens défavorable. Les autres y voient la suite du vers. 15 et l’expression des sollicitudes de Dieu après le pardon. mes transgressions sont scellées dans une bourse, et tu mets un enduit 17. Tu mets un enduit ; LXX, un cachet ; Vulg. mais tu as guéri. sur mes iniquités. La montagne s’écroule et s’efface ; le rocher est transporté hors de sa place ; les eaux creusent la pierre, leurs flots débordés entraînent la poussière du sol : ainsi tu anéantis l’espérance de l’homme. Tu l’abats sans retour, 20. Tu l’abats sans retour, etc. Vulg., tu ne lui as donné un peu de force que pour qu’il passe à jamais. — Tu flétris son visage, tu le défigures par la maladie et la mort, et tu le renvoies, tu le fais disparaître. et il s’en va ; tu flétris son visage, et tu le congédies. Que ses enfants soient honorés, il n’en sait rien ; qu’ils soient dans l’abaissement, il l’ignore. Sa chair ne sent que ses propres souffrances, son âme ne gémit que sur elle-même.

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