Job 2

Il arriva un jour que, les fils de Dieu étant venus se présenter devant Yahweh, Satan vint aussi au milieu d’eux se présenter devant Yahweh. Et Yahweh dit à Satan : « D’où viens-tu ? » Satan répondit à Yahweh et dit : « De parcourir le monde et de m’y promener. » Yahweh dit à Satan : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a pas d’homme comme lui sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu et éloigné du mal. Il persévère toujours dans son intégrité, quoique tu m’aies provoqué à le perdre sans raison. » Satan répondit à Yahweh et dit : « Peau pour peau ! L’homme donne ce qu’il possède pour conserver sa vie. II, 4. Peau pour peau, proverbe dont le sens est indiqué par le contexte : Pourvu qu’il conserve la vie, l’homme supporte sans trop de peine la perte de tous les autres biens. Mais étends ta main, touche ses os et sa chair, et on verra s’il ne te maudit pas en face. » Yahweh dit à Satan : « Voici que je le livre entre tes mains ; seulement épargne sa vie ! » Et Satan se retira de devant la face de Yahweh. Et il frappa Job d’une lèpre maligne 7. Lèpre maligne, à laquelle on a donné le nom d’éléphantiasis. Au lieu de lèpre, il y a dans la Vulg., ulcère ou pustule : c’est le sens propre de l’hébreu, et la maladie commence en effet par l’éruption de pustules. depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête. Et Job prit un tesson pour gratter ses plaies et il s’assit sur la cendre. 8. Sur la cendre. LXX, sur le fumier hors de la ville ; Vulg., sur le fumier. « À l’entrée de tous les villages du Hauran, il y a un endroit où l’on dépose les immondices enlevées des étables… On les brûle de temps en temps, et les cendres restent là entassées et s’y accumulent pendant des siècles, formant un monceau d’une hauteur considérable qu’on appelle mezbélé… Le malheureux qui, frappé d’une maladie repoussante, n’est plus supporté dans l’intérieur du village, s’y retire pour demander l’aumône aux passants et se coucher, la nuit, dans les cendres échauffées par le soleil. » Wetzstein. On a donc pu dire indifféremment que Job était assis sur la cendre ou sur le fumier. Et sa femme lui dit : « Tu persévère encore dans ton intégrité ! Maudis Dieu et meurs ! » 9. Maudis, ou renie, laisse là. Pour ce vers., les LXX portent : Au bout de beaucoup de temps, sa femme lui dit : « Jusques à quand patienteras-tu en disant : Voici que je persévère encore un peu de temps, attendant l’espoir de mon salut ? Voici que ton souvenir est effacé de la terre, savoir, tes fils et tes filles, douleurs et labeurs de mon sein, pour lesquels j’ai en vain souffert et peiné. Pour toi, te voilà assis dans la pourriture des vers, passant la nuit dehors ; et moi j’erre, à la façon d’une servante, de lieu en lieu, de maison en maison, attendant que le soleil se couche, afin que je me repose des chagrins et des douleurs qui m’accablent. Dis une parole contre le Seigneur et meurs. » Il lui dit : « Tu parles comme une femme insensée. Nous recevons de Dieu le bien, et nous n’en recevrions pas aussi le mal ? » En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres. Trois amis de Job, Eliphaz de Théman, Baldad de Suhé, et Sophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui étaient venus sur lui ; ils partirent chacun de leur pays et se concertèrent pour venir le plaindre et le consoler. 11. Eliphaz, etc., personnages et pays iduméens. Ayant de loin levé les yeux, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent ; ils déchirèrent chacun leur manteau, et jetèrent de la poussière vers le ciel au-dessus de leurs têtes. Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans qu’aucun d’eux lui dit une parole, parce qu’ils voyaient combien sa douleur était excessive.

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