Isaïe 49

Îles, entendez-moi : peuples lointains, soyez attentifs ! Yahweh m’a appelé dès le sein maternel, dès les entrailles de ma mère il a proclamé mon nom. XLIX, 1. Celui qui parle, c’est le Serviteur de Dieu du chap. xlii, 1-4. Il a fait de ma bouche 2. Il a fait de ma bouche, il a donné à ma parole une puissance pénétrante, irrésistible. — Son carquois, figure de la protection dont Dieu entoure son Serviteur. une épée tranchante ; il m’a abrité sous l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche aiguë, il m’a caché dans son carquois. Et il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, 3. Israël. Ce mot, très difficile à expliquer pour ceux qui, comme nous, voient dans le Serviteur de Dieu dont il est question ici (comp. xlii, 1-6 ; lii, 13-liii, 12) un individu distinct de la nation juive, est regardé par beaucoup de modernes comme une interpolation. en qui je me glorifierai. » Et moi j’ai dit : « En vain je me suis fatigué ; inutilement, pour rien, j’ai consumé ma force ; mais mon droit est auprès de Yahweh, et ma récompense auprès de mon Dieu. » Et maintenant Yahweh parle, lui qui m’a formé dès le sein de ma mère pour être son Serviteur, pour ramener à lui Jacob, et pour qu’Israël lui soit réuni. — Et je suis honoré aux yeux de Yahweh, et mon Dieu est ma force. — Il a dit : 6. Il a dit ; LXX, il m’a dit. « C’est peu que tu sois mon Serviteur, pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d’Israël ; je t’établirai lumière des nations, pour que mon salut arrive jusqu’aux extrémités de la terre. » Ainsi parle Yahweh, le rédempteur et le Saint d’Israël ; à celui qui est méprisé, abominable au peuple, à l’esclave des tyrans : Des rois te verront et se lèveront, des princes, et ils se prosterneront, à cause de Yahweh qui est fidèle, et du Saint d’Israël qui t’a choisi. Ainsi parle Yahweh : Au temps de la grâce je t’exauce, et au jour du salut, je te viens en aide ; je t’ai gardé et établi Alliance du peuple, pour relever le pays, pour partager les héritages dévastés ; 8. Ce verset paraît être une transition entre ce qui est dit du Serviteur et ce qui concerne la délivrance. C’est au Serviteur que semble être adressée, d’après le contexte, l’invitation à proclamer la délivrance. pour dire aux captifs : « Sortez ! » à ceux qui sont dans les ténèbres : « Venez à la lumière ! » Ils pourront paître le long des chemins, et sur toute hauteur seront leurs pâturages ; ils n’auront pas faim, ils n’auront pas soif ; ni le sable brûlant, ni le soleil ne les atteindront. Car celui qui a pitié d’eux sera leur guide, et les conduira aux eaux jaillissantes. Je ferai de toutes mes montagnes des chemins, et mes routes seront relevées. En voici qui viennent de loin ; en voici du septentrion et du couchant ; et ceux-là du pays des Sinim. Cieux, poussez des cris de joie ! Terre, tressaille ! Montagnes, éclatez en cris joyeux ! Car Yahweh a consolé son peuple, et il a compassion de ses affligés. Sion disait : « Yahweh m’a abandonnée ; le Seigneur m’a oubliée ! » Une femme oubliera-t-elle son nourrisson, n’aura-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand même les mères oublieraient, moi, je ne t’oublierai point ! Vois, je t’aie gravée sur la paume de mes mains ; tes murs sont toujours devant mes yeux. Tes fils 17. Tes fils, hébr. bânaik ; les anciennes versions ont lu bônaik, tes constructeurs, ceux qui doivent te rebâtir. On pourrait peut-être traduire : Ils accourent ceux qui rebâtissent tes ruines, tes destructeurs s’éloignent de toi. accourent ; ceux qui t’avaient détruite et dévastée s’éloignent de toi. Lève les yeux autour de toi et regarde : ils se rassemblent tous, ils viennent à toi. Je suis vivant, — oracle de Yahweh, tu te revêtiras d’eux tous comme d’une parure, tu t’en ceindras comme d’une ceinture de fiancée. Car tes ruines, tes déserts, ton pays dévasté, tout cela maintenant sera trop étroit pour tes habitants ; et ceux qui te dévoraient se sont éloignés. Alors ils diront à tes oreilles, tes fils, 20. Tes fils, non seulement les Israélites fidèles, mais les païens convertis. Ces derniers, Sion, à proprement parler, ne les a pas enfantés ; ils lui ont été amenés : de là son étonnement au verset suivant. — Fais-moi de la place, litt. Déplace pour moi en rapprochant d’un autre endroit les limites de la tente ou du campement. dont tu étais privée : « L’espace est trop étroit pour moi ; fais-moi de la place pour que je puisse habiter. » Et tu diras en ton cœur : « Qui m’a enfanté ceux-ci ? J’étais privée d’enfants, stérile, bannie et répudiée ; et ceux-ci, qui les a élevés ? Voici que j’étais restée seule ; ceux-ci, où étaient-ils ? » Ainsi parle le Seigneur Yahweh : Voici que je lèverai ma main vers les nations, que je dresserai mon étendard vers les peuples ; et ils ramèneront tes fils entre leurs bras, et ils rapporteront tes filles sur leurs épaules. Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices ; ils se prosterneront devant toi la face contre terre, et ils lècheront la poussière de tes pieds ; et tu sauras que je suis Yahweh, et que ceux qui espèrent en moi ne seront pas confondus. Mais arrachera-t-on au puissant sa proie, et les justes qu’on a faits captifs échapperont-ils ? — Ainsi parle Yahweh : Même la proie du puissant lui sera arrachée, et la proie du violent lui échappera. Tes adversaires, moi, je les combattrai ; tes fils, moi, je les sauverai. Je ferai manger à tes oppresseurs leur propre chair, ils s’enivreront de leur sang comme d’un vin nouveau ; et toute chair saura que moi, Yahweh, je suis ton Sauveur, et que ton rédempteur est le Puissant de Jacob !

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