Isaïe 57

Cependant, le juste disparaît, et personne ne le prend à cœur ; les hommes pieux sont enlevés, et nul ne prend garde que le juste a été retiré du malheur, et qu’il entre dans la paix ! Ils reposent sur leurs couches, ceux qui ont suivi le droit chemin ! Mais vous, approchez ici, fils de la magicienne, race de l’adultère et de la prostituée ! LVII, 3. Race de l’homme adultère : l’adultère et la prostitution désignent par figure l’idolâtrie : comp. i, 21 ; Osée, ii, 4-7. De qui 4. De qui : il s’agit des justes en général, peut-être du prophète lui-même. vous moquez-vous ? Contre qui ouvrez-vous la bouche, et tirez-vous la langue ? N’êtes-vous pas des enfants de prévarication, une race de mensonge ? Vous vous échauffez près des térébinthes, sous tout arbre vert ! vous égorgez les enfants dans les vallées, sous les grottes des rochers ? 5 sv. Chacune des petites strophes qui suivent pouvait viser un désordre particulier, une forme spéciale d idolâtrie ; mais les allusions ne sont pas toujours faciles à déterminer. Ta part est dans les pierres polies 6. Pierres polies : allusion au culte des pierres, en usage chez plusieurs anciens peuples de l’Orient. On les oignait d’huile et on déposait près d’elles des offrandes d’aliments. — Tu as été jusqu’à leur verser des libations. M. à m., même, à elles tu as versé etc. du torrent ; voilà, voilà ton lot ! Tu as été jusqu’à leur verser des libations, à leur présenter des offrandes ! Puis-je être satisfait de cela ? Sur une montagne haute et élevée tu as établi ta couche ! 7. Ta couche : Sion idolâtre est comparée à une épouse adultère ; ses amants sont les faux dieux. Et c’est là que tu montes pour faire des sacrifices. Derrière la porte et les poteaux, tu as mis ton mémorial ; 8. Ton mémorial ; selon beaucoup d’interprètes, des amulettes ou petites statues d’idoles. — Tu souilles tes regards. Traduction très incertaine d’un texte douteux. car, loin de moi, tu découvres ta couche, tu y montes, tu élargis ton lit, et tu leur fixes ton salaire ; tu aimes leurs embrassements, tu souilles tes regards ! Tu te présentes devant le roi 9. Devant le roi, ou bien devant Moloch. — Tu t’abaisses, ou tu les fais descendre. avec de l’huile ; tu multiplies tes parfums ; tu envoies au loin des messagers ; tu t’abaisses jusqu’au schéol. À force de démarches, tu te fatigues ; tu ne dis pas : « C’est en vain ! » tu trouves encore de la vigueur dans ta main ; c’est pourquoi tu ne te sens pas malade. Et qui donc crains-tu ? De qui as-tu peur, que tu me sois infidèle, que tu ne te souviennes plus de moi, que tu ne t’en soucies pas ? Ne me suis-je pas tu, et depuis longtemps, tandis que tu ne me craignais pas ? Moi, je publierai ta justice, 12. Je publierai ta justice. Ironie. et tes œuvres qui ne te servent de rien. Quand tu crieras, qu’ils te délivrent, tes tas de dieux ! Le vent les emportera tous, un souffle les enlèvera ! Mais celui qui se confie en moi héritera le pays, et possédera ma sainte montagne. Et l’on dira : Frayez, frayez la voie ; aplanissez-la ! Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple ! Car ainsi parle le Très-Haut, qui habite une demeure éternelle et s’appelle le Saint : J’habite dans un lieu haut et saint, et en même temps avec l’homme contrit et humble d’esprit, pour rendre la vie à l’esprit des humbles, pour rendre la vie aux cœurs contrits. Car je ne veux pas contester à jamais, ni garder un courroux éternel ; car devant moi tomberaient en défaillance l’esprit et les âmes que j’ai faites. À cause de sa convoitise coupable, 17. À cause de sa convoitise coupable. M. à m. À cause de l’iniquité de sa convoitise, ou de son gain. D’après les LXX, on peut traduire : À cause de son péché, un moment j’étais en colère. je me suis irrité, et, demeurant caché, je l’ai frappé dans mon courroux ; et lui, rebelle, suivait la voie de son propre cœur !… J’ai vu ses voies, et je le guérirai. Je serai son guide et je lui rendrai mes consolations, à lui et à ses affligés. Celui qui crée sur les lèvres la louange, dit : « Paix, paix, à qui est loin et à qui est près, dit Yahweh, et je le guérirai ! » Mais les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer, et ses flots roulent de la vase et de la boue. Il n’y a point de paix, dit mon Dieu, pour les méchants.

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