Judith 14

La Nova Vulgata ne révise pas la traduction de saint Jérôme pour ce livre, comme elle le fait ailleurs : elle imprime à sa place une traduction latine plus ancienne, si bien qu’un même numéro de chapitre et de verset désigne un texte différent chez elle et dans la Vulgate clémentine.
Alors Judith dit à tout le peuple : « Écoutez-moi, mes frères, suspendez cette tête au haut de nos murailles. Et, quand le soleil sera levé, que chacun prenne ses armes ; XIV, 2. Que chacun prenne ses armes. LXX : « et que chaque homme vaillant sorte de la ville ; placez un chef sur eux, comme si vous deviez descendre dans la plaine vers l’avant-poste des Assyriens ; mais ne descendez pas. » puis sortez avec impétuosité, non pour descendre seulement dans la vallée, mais comme pour faire une attaque générale. Il faudra bien alors que les avant-postes s’enfuient vers leur général, afin de le réveiller pour le combat. Et lorsque leurs chefs auront couru à la tente d’Holoferne et qu’ils le trouveront décapité, baigné dans son sang, l’épouvante s’emparera d’eux. Et lorsque vous les verrez fuir, mettez-vous hardiment à leur poursuite, car le Seigneur les écrasera sous vos yeux. » 5. Après ce second discours de Judith, les LXX ajoutent : « Mais avant que tous fassiez cela, faites-moi venir Achior l’Ammonite afin que, voyant cette tête, il reconnaisse celui qui a méprisé la maison d’Israël et qui l’a envoyé vers nous comme pour l’envoyer à la mort. On fit venir Achior de la maison d’Ozias. » — La suite est le résumé de ce que la Vulgate a placé au chapitre précédent, v, 27-31. Alors Achior, voyant la puissance qu’exerçait le Dieu d’Israël, abandonna le culte des nations ; il crut en Dieu, se circoncit, et fut incorporé au peuple d’Israël, ainsi que tous ses descendants, jusqu’au temps présent. Dès que le jour parut, les habitants de Béthulie suspendirent aux murailles la tête d’Holoferne, et, chaque homme ayant pris ses armes, ils sortirent de la ville avec un grand tumulte et de grands cris. Les avant-postes s’en étant aperçus coururent à la tente d’Holoferne. Ceux qui étaient dans la tente vinrent et firent du bruit à la porte de la chambre à coucher pour l’éveiller, augmentant à dessein le tumulte, afin qu’Holoferne fût tiré de son sommeil par tout ce bruit, sans qu’un des siens eût besoin de le réveiller. 9, 10 manquent dans les LXX. Car personne n’osait, ni en frappant, ni en entrant, ouvrir la porte de la chambre à coucher du plus grand des Assyriens. Mais ses généraux, ses commandants et tous les officiers de l’armée du roi des Assyriens étant venus, dirent aux chambellans : « Entrez et éveillez-le, car ces rats sont sortis de leurs trous et ont osé nous provoquer au combat. » 12. Ces rats, les Israélites qui se tenaient jusque là enfermés dans Béthulie. Comp. I. Sam. xiv, 11. Les LXX ont à la place : « Car ces esclaves ont osé descendre vers nous pour nous livrer le combat, afin que nous les exterminions entièrement. » Alors, Vagao, étant entré dans la chambre, s’arrêta devant le rideau, et il frappa des mains, car il s’imaginait que son maître dormait avec Judith. Mais quand, prêtant l’oreille, il n’entendit aucun des mouvements d’un homme qui eût été couché là, il s’approcha du rideau et, l’ayant levé, il aperçut le cadavre d’Holoferne étendu par terre, sans tête, et baigné dans son sang. Aussitôt il jeta un grand cri, en pleurant, et déchira ses vêtements. Et, étant entré dans la tente de Judith, il ne la trouva pas. Il sortit en toute hâte vers le peuple, et dit : « Une seule femme juive a mis la confusion dans la maison du roi Nabuchodonosor ; voici qu’Holoferne est étendu par terre, et sa tête n’est plus avec son corps ! » En entendant ces paroles, tous les princes de l’armée des Assyriens déchirèrent leurs vêtements, une crainte et une frayeur extrêmes s’emparèrent d’eux, leurs esprits furent bouleversés, et une clameur indicible retentit au milieu de leur camp.

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