Judith 15

La Nova Vulgata ne révise pas la traduction de saint Jérôme pour ce livre, comme elle le fait ailleurs : elle imprime à sa place une traduction latine plus ancienne, si bien qu’un même numéro de chapitre et de verset désigne un texte différent chez elle et dans la Vulgate clémentine.
Lorsque toute l’armée eut appris qu’Holoferne avait eu la tête tranchée, ils perdirent tout sens et toute prudence, et, n’écoutant que la peur et l’effroi, ils cherchèrent leur salut dans la fuite. XV, 1-4 sont très abrégés dans les LXX : toutefois au vers. 2 les LXX ajoutent : « Ceux qui étaient campés dans les montagnes autour de Béthulie prirent aussi la fuite. » Sans se dire un mot les uns aux autres, la tête basse et laissant là tout, pressés d’échapper aux Hébreux qu’ils entendaient venir sur eux les armes à la main, ils s’enfuirent à travers champs et par les sentiers des montagnes. Les enfants d’Israël, les voyant fuir, se mirent à leur poursuite ; ils descendirent en sonnant de la trompette et en poussant de grands cris derrière eux. Et comme les Assyriens fuyaient dispersés, et en toute hâte, les enfants d’Israël, qui les poursuivaient réunis en un seul corps, taillaient en pièces tous ceux qu’ils pouvaient atteindre. En même temps Ozias envoya des messages dans toutes les villes et dans toutes les campagnes d’Israël. 5. Les LXX : « Ozias envoya à Bethemasthaim, à Chobai et à Chola, et dans tout le territoire d’Israël des messagers pour annoncer ce qui était arrivé, et afin qu’ils vinssent tous fondre sur les ennemis pour les exterminer. Les enfants d’Israël, ayant appris cet événement, vinrent tous avec une égale ardeur se jeter sur les ennemis et les battirent jusqu’à Choba. Ceux qui étaient venus de Jérusalem et de tout le pays des montagnes, firent de même : car on leur avait aussi annoncé ce qui était arrivé dans le camp de leurs ennemis. Ceux qui étaient en Galaad et dans la Galilée leur portèrent aussi de grands coups, jusqu’à ce qu’ils eussent atteint Damas et son territoire. » Ainsi chaque village et chaque ville, ayant fait prendre les armes à l’élite de leurs jeunes gens, les envoyèrent après les Assyriens, et ils les poursuivirent à la pointe de l’épée jusqu’à leur extrême frontière. Ceux qui étaient restés à Béthulie entrèrent dans le camp des Assyriens, emportèrent le butin que les Assyriens avaient abandonné dans leur fuite, et en revinrent tout chargés. D’autre part, ceux qui, après la victoire, retournèrent à Béthulie, amenèrent avec eux tout ce qui avait appartenu aux Assyriens, des bestiaux sans nombre, des animaux de trait et tout leur bagage, en sorte que, tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, s’enrichirent de leurs dépouilles. Joakim, le grand prêtre, vint de Jérusalem à Béthulie, avec tous ses anciens, pour voir Judith. Lorsqu’elle sortit pour aller au devant de lui, tous la bénirent d’une seule voix, en disant : « Tu es la gloire de Jérusalem ; tu es la joie d’Israël ; tu es l’honneur de notre peuple ! 10. LXX : « Entrés chez elle, ils la bénirent », etc. Car tu as montré une âme virile, et ton cœur a été plein de vaillance. Parce que tu as aimé la chasteté et que, après avoir perdu ton mari, tu n’as pas voulu en connaître un autre, la main du Seigneur t’a revêtue de force, et tu seras bénie éternellement. » 11, 12. LXX : « Tu as fait tout cela de ta main, tu as fait beaucoup de bien à Israël. Que Dieu en ait bon plaisir ! Sois bénie à jamais du Seigneur tout-puissant. Et tout le peuple dit : Ainsi soit-il ! » Tout le peuple répondit : « Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il ! » Trente jours suffirent à peine au peuple d’Israël pour recueillir les dépouilles des Assyriens. Tout ce qu’on reconnut avoir appartenu à Holoferne, l’or et l’argent, les vêtements, les pierres précieuses et tous les objets divers, on le donna à Judith, et tout cela lui fut abandonné par le peuple. Et tout le peuple se réjouit, avec les femmes, les jeunes filles et les jeunes gens, au son des harpes et des cithares. 15. À la place du verset 15 de la Vulg., on lit dans les LXX : « Toutes les femmes d’Israël accoururent pour la voir et elles la bénirent ; elles lui formèrent d’entre elles un chœur. Elle prit des thyrses dans sa main, et les donna aux femmes qui l’accompagnaient. Judith et les femmes qui étaient avec elle se couronnèrent d’olivier : elle s’avança à la tête de tout le peuple, conduisant en chœur toutes les femmes ; et tous les hommes d’Israël la suivaient, munis de leurs armes, portant des couronnes et faisant retentir des hymnes. »

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