Judith 7

La Nova Vulgata ne révise pas la traduction de saint Jérôme pour ce livre, comme elle le fait ailleurs : elle imprime à sa place une traduction latine plus ancienne, si bien qu’un même numéro de chapitre et de verset désigne un texte différent chez elle et dans la Vulgate clémentine.
Le lendemain, Holoferne donna l’ordre à ses troupes de monter contre Béthulie. Son armée était forte de cent vingt mille hommes de pied et de vingt-deux mille cavaliers, sans compter les hommes propres à la guerre qu’il avait faits prisonniers et les jeunes gens qu’il avait amenés des provinces et des villes. VII, 1, 2, LXX : « De monter contre Béthulie, d’occuper les pentes de la montagne et d’attaquer les fils d’Israël. Le même jour tous leurs chefs levèrent le camp et avec eux leurs gens de guerre au nombre de 170.000 hommes de pied et 12.000 cavaliers, sans compter les bagages et les hommes qui étaient à pied parmi eux, en très grande multitude. » Tous ensemble se préparèrent au combat contre les enfants d’Israël et, marchant le long de la montagne jusqu’au sommet qui regarde Dothaïn, ils campèrent depuis le lieu appelé Belma, jusqu’à Chelmon, qui est vis-à-vis d’Esdrelon. 3. LXX : « Ils campèrent dans la vallée, près de Béthulie, près de la source, et ils se répandirent en largeur, vers Dothaïn, jusqu’à Belmaina, et en longueur, depuis Béthulie jusqu’à Cyamon, qui est vis-à-vis d’Esdrelon. » Quand les enfants d’Israël aperçurent cette multitude, ils se prosternèrent contre terre et, se couvrant la tête de cendres, ils prièrent tous ensemble le Dieu d’Israël de faire éclater sa miséricorde sur son peuple. 4. LXX : « Quand les enfants d’Israël virent cette multitude, ils furent profondément troublés et se dirent les uns aux autres : “Ces hommes vont dévorer la face de la terre, car ni les hautes montagnes, ni les hautes vallées, ni les collines ne pourront porter leur poids.” Alors chaque homme prit des armes de guerre et, quand ils eurent allumé des hauts feux sur leurs tours, ils demeurèrent et firent la garde toute cette nuit. » Puis, ayant pris leurs armes de guerre, ils occupèrent les lieux où de petits sentiers permettaient de passer entre les montagnes, et ils y faisaient la garde jour et nuit. En parcourant les environs, Holoferne découvrit une fontaine en dehors de la ville, du côté du midi, laquelle y conduisait ses eaux par un aqueduc, et il fit couper cet aqueduc. 6-9. D’après les LXX, Holoferne, le second jour, fait avancer sa cavalerie contre les Israélites ; en même temps il fait occuper toutes leurs sources, puis revient à son camp. Le conseil des Iduméens (au lieu des Ammonites) et des Moabites porte uniquement sur la source qui jaillit au pied de la montagne et à laquelle tous les habitants de Béthulie puisent de l’eau. D’ailleurs, les ennemis d’Israël promettent de faire bonne garde sur les sommets voisins pour empêcher le ravitaillement. Cependant il y avait, non loin des murs, d’autres sources où les assiégés venaient puiser à la dérobée un peu d’eau, plutôt, ce semble, pour soulager leur soif que pour l’apaiser. Mais les fils d’Ammon et de Moab vinrent trouver Holoferne, en disant : « Les enfants d’Israël n’ont confiance ni dans leurs lances ni dans leurs flèches ; mais ces montagnes les défendent et ces collines suspendues sur des précipices font leur force. Afin donc que vous puissiez triompher d’eux sans livrer bataille, placez près des sources des gardes qui les empêchent d’y puiser de l’eau ; vous les ferez périr ainsi sans coup férir, ou bien, épuisés par la soif, ils rendront leur ville, qu’ils regardent comme imprenable parce qu’elle est placée sur les montagnes. » Le conseil plut à Holoferne et à ses officiers, et il fit mettre un poste de cent hommes autour de chaque fontaine. 10. Les LXX ajoutent ici : « Un détachement des fils d’Ammon décampa, et avec eux cinq mille des fils d’Assur ; ils campèrent dans la vallée et s’emparèrent des eaux et des sources où puisaient les enfants d’Israël. Les fils d’Ésaü montèrent et allèrent camper sur les montagnes vis-à-vis de Dothaïn, et ils envoyèrent quelques-uns d’entre eux au midi et à l’orient, vis-à-vis d’Ecrebel qui est près de Chus, situé près du terrent de Mochmor Le reste de l’armée des Assyriens demeura campé dans la plaine et ils couvraient toute la face de la terre, leurs tentes et leurs bagages formaient un camp immense, car ils étaient en quantité énorme. » Cette garde ayant été faite pendant vingt jours, toutes les citernes et les 11. La garde des sources fut faite pendant vingt jours, mais le siège dura en tout trente-quatre jours, d’après le texte grec qui décrit bien plus longuement les extrémités du siège. toutes les citernes et les réservoirs d’eau furent à sec pour tous les habitants de Béthulie, de sorte qu’il ne restait pas dans la ville de quoi rassasier leur soif même un seul jour, car on distribuait chaque jour au peuple l’eau par mesure. Alors tous les hommes et les femmes, les jeunes gens et les enfants se rassemblèrent auprès d’Ozias, et d’une commune voix 12-17. Les LXX ne présentent que des variantes secondaires. tous lui dirent : « Que Dieu soit juge entre toi et nous, car tu as agi pour notre malheur en refusant de faire des propositions de paix aux Assyriens ; et c’est pour cela que Dieu nous a livrés entre leurs mains. C’est pourquoi il n’y a personne qui vienne à notre secours, alors que la soif et une grande misère nous font tomber en défaillance sous leurs regards. Maintenant donc, assemble tous ceux qui sont dans la ville, afin que nous nous rendions tous volontairement aux gens d’Holoferne. Car il vaut mieux pour nous avoir la vie sauve et bénir Dieu dans la captivité, que de mourir et d’être en opprobre à tous les hommes, après avoir vu nos femmes et nos enfants périr sous nos yeux. Prenant aujourd’hui à témoin le ciel et la terre, et le Dieu de nos pères, qui nous châtie selon nos péchés, nous te conjurons de livrer incessamment la ville entre les mains des soldats d’Holoferne, afin que nous trouvions une prompte mort par le tranchant du glaive, au lieu d’une mort lente dans les ardeurs de la soif. » Lorsqu’ils eurent ainsi parlé, il se fit des lamentations et de grands cris dans toute l’assemblée, et tous d’une voix, pendant de nombreuses heures, ils crièrent vers Dieu, en disant : « Nous avons péché avec nos pères, nous avons été infidèles, nous avons commis l’iniquité. 19-21. Les LXX n’ont pas ces versets contenant les lamentations du peuple. Vous, qui êtes miséricordieux, ayez pitié de nous ; ou bien tirez vengeance de nos crimes en nous châtiant vous-même, et ne livrez pas ceux qui vous glorifient à un peuple qui ne vous connaît point, afin qu’on ne dise pas parmi les nations : Où est leur Dieu ? » Après s’être fatigués à force de crier et de pleurer, ils se turent. Alors Ozias se leva, baigné de larmes, et dit : « Ayez bon courage, mes frères, et attendons pendant cinq jours la miséricorde du Seigneur. 23. D’après un passage du texte grec (viii, 29), Ozias espérait que Dieu enverrait une pluie abondante pour remplir les citernes et les réservoirs : la ville, située sur un rocher, lui paraissait autrement imprenable. Car peut-être mettra-t-il fin à sa colère et donnera-t-il gloire à son nom. 24. Ce verset manque dans les LXX. Ces cinq jours passés, si le secours n’est pas venu, nous ferons ce que vous nous avez proposé. » 25. Les LXX ajoutent : « Et il renvoya le peuple, chacun à son poste, et ils s’en allèrent aux murs et aux tours de la ville. Il renvoya aussi les femmes et les enfants à leurs maisons, et il y avait une grande affliction dans la ville. »