Judith 8

La Nova Vulgata ne révise pas la traduction de saint Jérôme pour ce livre, comme elle le fait ailleurs : elle imprime à sa place une traduction latine plus ancienne, si bien qu’un même numéro de chapitre et de verset désigne un texte différent chez elle et dans la Vulgate clémentine.
Ces paroles furent rapportées à Judith, une veuve, fille de Mérari, fils d’Idox, fils de Joseph, fils d’Ozias, fils d’Elaï, fils de Jamnor, fils de Gédéon, fils de Raphaïm, fils d’Achitob, fils de Melchias, fils d’Enan, fils de Nathanias, fils de Salathiel, fils de Siméon, fils d’Israël. VIII, 1. Judith, forme féminine dérivée de Juda (honoré, comp. Gen. xxix, 35). Parmi les ancêtres de Judith, les LXX n’ont que 12 noms. — Fils d’Israël (Jacob), corrigé d’après les divers textes grecs et la Peschito : comp. ix, 2. La plupart des commentateurs voient une erreur de copiste dans le Ruben de la Vulgate. Son mari, appelé Manassès, était mort au temps de la moisson de l’orge. 2-8. Les LXX ne présentent que des variantes secondaires. 2. De sa tribu et de sa famille, ajoutent les LXX au nom de Manassès. Comme il surveillait les moissonneurs, qui liaient les gerbes dans les champs, l’ardeur du soleil le frappa à la tête, et il mourut dans Béthulie, sa ville, et il y fut inhumé avec ses pères. 3. Les LXX ajoutent : « dans la plaine qui sépare Dothaïn de Belamon (Belma). » Il y avait déjà trois ans et six mois que Judith était restée veuve. 4. Les LXX ont quatre au lieu de six mois. Elle s’était construit, sur le toit de sa maison, une chambre retirée, où elle demeurait enfermée avec ses servantes. Les reins couverts d’un cilice, elle jeûnait tous les jours de sa vie, excepté les jours de sabbat et de nouvelle lune et les fêtes de la maison d’Israël. Elle était très belle de figure, et son mari lui avait laissé de grandes richesses, de nombreux serviteurs et des domaines remplis de troupeaux de bœufs et de brebis. Elle était en grande estime auprès de tous, parce qu’elle craignait beaucoup le Seigneur, et il n’y avait personne qui dit d’elle une parole de blâme. Ayant donc appris qu’Ozias avait promis de livrer la ville passé le cinquième jour, elle envoya vers les anciens du peuple Chabri et Charmi. 9. D’après les LXX, Ozias est aussi convoqué, et la Vulg. elle-même le suppose présent au vers. 28. Ils se rendirent auprès d’elle, et elle leur dit : « Comment Ozias a-t-il pu dire qu’il livrerait la ville aux Assyriens, si dans cinq jours, il ne vous arrive pas de secours ? 10. Le discours de Judith dans les LXX, tout en présentant le même sens général que celui de la Vulgate, a des différences de détail assez nombreuses. Ainsi il commence de cette façon: « Écoutez-moi, vous qui êtes les chefs des habitants de Béthulie; car il n’est pas bien de parler comme vous l’avez fait aujourd’hui devant le peuple, en faisant le serment que vous avez prononcé entre Dieu et tous, en promettant de rendre (dans cinq jours) la ville à nos ennemis, si dans cet intervalle le Seigneur ne vient à notre secours. » Et qui êtes-vous, pour mettre ainsi le Seigneur à l’épreuve ? Ce n’est pas là une parole qui attire la miséricorde, mais plutôt qui excite la colère et allume la fureur. Vous avez fixé au Seigneur un terme dans lequel il doit exercer sa miséricorde, et vous lui avez marqué un jour selon votre bon plaisir ! Mais parce que le Seigneur est patient, faisons pénitence de cette faute, et implorons son pardon en versant des larmes. Car Dieu ne menace point à la manière de l’homme, et il ne s’enflamme point de colère comme un fils d’homme. Humilions donc nos âmes devant lui, et mettons en nous un esprit d’humilité, comme il convient à ses serviteurs. Prions le Seigneur avec larmes de nous faire sentir, en la manière qu’il lui plaira, les effets de sa miséricorde, afin que, comme l’orgueil de nos ennemis a jeté le trouble dans notre cœur, ainsi notre humilité nous devienne un sujet de gloire. Car nous n’avons pas imité les péchés de nos pères qui ont abandonné leur Dieu et adoré des dieux étrangers. C’est à cause de ce crime qu’ils ont été livrés au glaive, au pillage et à la moquerie de leurs ennemis ; mais nous, nous ne connaissons pas d’autres Dieu que lui. Attendons humblement sa consolation, et il vengera notre sang sur nos ennemis qui nous affligent ; il humiliera toutes les nations qui s’élèvent contre nous, et il les couvrira de confusion, lui, le Seigneur notre Dieu. 20. Après ce vers. on lit dans les LXX : « Si nous sommes pris, toute la Judée sera dévastée, notre sanctuaire sera dépouillé, et [Dieu] en vengera la profanation dans notre sang. Et le meurtre de nos frères, et la servitude du pays, et la désolation de notre héritage, il les fera retomber sur nos têtes parmi les païens chez lesquels nous serons en esclavage, et nous serons objet de sarcasme et de mépris pour ceux qui nous posséderont. Car notre servitude ne tournera pas à notre faveur, mais le Seigneur la fera tourner à notre déshonneur. Maintenant donc, donnons un exemple à nos frères, car leur vie dépend de nous, le sanctuaire, le temple et l’autel reposent sur nous. » Et maintenant, mes frères, puisque vous êtes les anciens du peuple de Dieu, et que leur vie dépend de vous, relevez leurs cœurs par vos paroles, pour qu’ils se souviennent que nos pères ont été éprouvés afin que l’on connût s’ils servaient véritablement leur Dieu. Ils doivent se rappeler comment Abraham, notre père, a été tenté, et comment, éprouvé par beaucoup de tribulations, il est devenu l’ami de Dieu. De même Isaac, de même Jacob, de même Moïse et tous ceux qui ont plu à Dieu, ont passé par beaucoup d’afflictions en demeurant fidèles. Mais ceux qui n’ont pas accepté ces épreuves avec la crainte du Seigneur, et qui ont donné cours à leur impatience et à d’injurieux murmures contre le Seigneur, ceux-là, l’exterminateur les a frappés de mort, et les serpents les ont fait périr. Ne nous laissons donc pas aller à l’impatience à cause des maux que nous souffrons. Mais estimons que ces tourments, moindres que nos péchés, sont les verges dont le Seigneur nous châtie, comme ses serviteurs, pour nous amender, et croyons que ce n’est pas pour notre perte qu’ils nous ont été envoyés. » Ozias et les anciens lui répondirent : « Tout ce que tu as dit est vrai, et il n’y a rien à reprendre dans tes paroles. Maintenant donc, prie Dieu pour nous, car tu es une femme sainte et craignant Dieu. » 29. Les LXX font parler plus longuement Ozias : « Car ce n’est pas d’aujourd’hui que ta sagesse se manifeste, mais, dès tes premières années, le peuple a connu ton intelligence, et les bonnes dispositions de ton cœur. Mais le peuple souffrait beaucoup de la soif : et ils nous ont forcé de faire ce que nous avons dit, et de nous engager par un serment que nous ne transgresserons point. Maintenant donc, prie pour nous, car tu es une femme pieuse, et le Seigneur enverra la pluie pour remplir nos citernes et nous ne périrons pas de soif. » Et Judith leur dit : « Comme vous reconnaissez que ce que j’ai pu dire est de Dieu, éprouvez si ce que j’ai résolu de faire est aussi de lui, et priez que Dieu me donne la force de réaliser mon dessein. Vous vous tiendrez cette nuit à la porte, et je sortirai, avec ma compagne ; et priez afin que dans cinq jours, comme vous l’avez dit, le Seigneur regarde son peuple d’Israël. Mais je ne veux point que vous cherchiez à savoir ce que j’entreprends ; jusqu’à ce que je revienne vous en donner des nouvelles, qu’on ne fasse pas autre chose que de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. » Ozias, le prince de Juda, lui dit : « Va en paix et que le Seigneur soit avec toi pour tirer vengeance de nos ennemis ! » Et l’ayant quittée, ils s’en allèrent.

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