Tobie 1
La Nova Vulgata ne révise pas la traduction de saint Jérôme pour ce livre, comme elle le fait ailleurs : elle imprime à sa place une traduction latine plus ancienne, si bien qu’un même numéro de chapitre et de verset désigne un texte différent chez elle et dans la Vulgate clémentine.
La Sainte Bible, traduction de l'abbé Crampon
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1 Tobie I, 1-3. En grec les versets 1-3 peuvent se traduire ainsi : 1. Livre des actions de Tobit, fils de Tobiel, fils d’Ananiel, fils d’Adouël, fils de Gabaël, de la race d’Asaël, de la tribu de Nephthali. 2 lequel fut emmené captif au temps d’Enemessar, roi des Assyriens, de la ville de Thisbé (Thesbi, où naquit Élie), laquelle est à droite (au sud) de Cydios (Cadès) de la tribu de Nephthali, dans la Galilée, au dessus d’Aser. 3. Moi, Tobit, je marcherai dans les voies de la vérité et de la justice tous les jours de ma vie., de la tribu et d’une ville de Nephthali, qui est dans la Galilée supérieure, au-dessus de Naasson, derrière le chemin qui va au couchant, ayant à gauche la ville de Séphet, 2 fut emmené captif au temps de Salmanasar, 2. Au temps de Salmanasar : le gros de la tribu avait été emmené en exil par Téglathphalasar (II Rois, xv, 29) ; une seconde déportation eut lieu sous Salmanasar ou Sargon, car c’est très probablement ce dernier nom qu’il faudrait lire ici et aux vers. 13 et 18. Les textes grecs portent Enemessar, forme étrange qui, d’après le savant orientaliste Bickell, semble cacher le nom de Sargon. L’assvrien Sarru-Kinu. adouci en Sarru Ginum (Roi-terme) deviendrait, par transposition des deux éléments, Ginum-Sarru, en hébreu : Inum-Sar, en grec : Enemessaros. Et, dans sa captivité même, il n’abandonna pas, etc. En grec, le récit est à la première personne. roi des Assyriens ; et, dans sa captivité même, il n’abandonna pas le chemin de la vérité. 3 Tous les jours, il distribuait à ses frères, ceux de sa nation, captifs comme lui, tout ce dont il pouvait disposer. 4 Et alors même qu’il était le plus jeune de ceux de la tribu de Nephthali, il n’y avait rien de juvénile en sa conduite. 4-6. Le grec offre un sens plus naturel : Lorsque j’étais dans mon pays, dans la terre d’Israël, et que j’étais encore jeune, toute la tribu de Nephthali, mon père, avait abandonné le temple de Jérusalem… moi seul, j’allais fréquemment à Jérusalem, aux jours de fête. etc…, 5 Aussi, tandis que tout le monde allait adorer les veaux d’or que Jéroboam, roi d’Israël, avait faits, lui seul fuyait la compagnie de tous, 6 et il se rendait à Jérusalem, au temple du Seigneur où il adorait le Seigneur, Dieu d’Israël, offrant fidèlement les prémices et les dîmes de ses biens. 7 Tous les trois ans, il distribuait aux prosélytes et aux étrangers toute sa dîme. 8 Il observait ces choses et d’autres semblables, selon la loi de Dieu, dès son jeune âge. 9 Parvenu à l’âge d’homme, il épousa une femme de sa tribu, nommée Anne ; et il en eut un fils auquel il donna son nom, 9. Son nom : le père est toujours appelé Tobit dans le texte grec, Tobis dans la vers. Italique, et le fils Tobias ; la Vulg. seule donne aux deux ce dernier nom. C’est donc dans un sens large qu’il faut, ce semble, entendre les mots son nom dans notre verset. Cependant on pourrait aussi regarder le t final du texte gr. et l’s de l’Italique comme de simples désinences ajoutées à la forme hébraïque Tobi, et cette forme hébraïque elle-même comme une abréviation du nom complet Tobiyah, en gr. Tobias, l’élément yah pouvant se sous-entendre dans les noms propres. Compar. Phaltiel (Dieu est mon libérateur) II Sam. iii, 15 et Phalti (mon libérateur est Dieu) I Sam. xxv, 44. 10 et qu’il instruisit dès l’enfance à craindre Dieu et à s’abstenir de tout péché. 11 Lors donc qu’il fut arrivé comme captif, avec sa femme et son fils, en la ville de Ninive, où était toute sa tribu, 12 bien que tous les autres mangeassent des mets des païens, il garda son âme pure, et jamais il ne se souilla par leurs viandes. 13 Et parce qu’il se souvenait fidèlement du Seigneur, Dieu lui concilia la faveur du roi Salmanasar, 14 qui lui donna pouvoir d’aller partout où il voudrait, avec liberté de faire ce qu’il lui plairait. 14. D’après le texte grec, Tobie était le fournisseur de la cour. 15 Il allait donc visiter tous ceux qui étaient captifs et leur donnait des conseils salutaires. 16 Etant une fois allé à Ragès, 16. Ragès (en gr. Rhage ou Rhagoi), une des plus grandes et des plus anciennes villes de la Médie. Dans l’inscription de Béhistoun elle est appelée Raga (texte perse) Rakkan (texte médique) ; ses ruines, un peu à l’est de Téhéran, portent le nom de Rei. ville des Mèdes, avec dix talents, provenant des largesses dont le roi l’avait enrichi, 17 il vit, parmi le grand nombre de ses compatriotes, un homme de sa tribu, nommé Gabélus, 17. Gabélus, en gr. Gabaël. — Contre un reçu : le grec dit mieux, en dépôt : on ne voit pas autrement pourquoi Tobie aurait prêté une si grosse somme (90 000 fr. !) à Gabélus. qui était dans le besoin, et il lui donna contre un reçu cette somme d’argent. 18 Longtemps après, le roi Salmanasar 18. Salmanasar : Sargon (voir la note du vers. 2) après avoir régné de 722 à 705 avant J.-C., eut pour successeur Sennachérib. étant mort, Sennachérib, son fils, régna à sa place. Comme ce prince avait une grande haine contre les enfants d’Israël, 19 Tobie allait visiter chaque jour tous ceux de sa parenté ; il les consolait et distribuait de ses biens à chacun, selon son pouvoir ; 20 il donnait à manger à ceux qui avaient faim, procurait des vêtements à ceux qui étaient nus et mettait un grand zèle à donner la sépulture à ceux qui étaient morts ou qui avaient été tués. 21 Lorsque le roi Sennachérib, 21. Sennachérib : voy. II Rois, xviii, xix ; II Par. xxxii ; Is. xxxvi sv. revenu de Judée en fugitif, après la défaite dont Dieu l’avait frappé pour ses blasphèmes, faisait mettre à mort, dans sa fureur, un grand nombre des enfants d’Israël, Tobie enterrait les cadavres. 22 La nouvelle en ayant été apportée au roi, il ordonna de le mettre à mort et lui ôta tous ses biens. 23 Mais Tobie prit la fuite avec son fils et sa femme, et, dépouillé de tout, il réussit à se cacher, parce qu’il avait beaucoup d’amis. 24 Quarante-cinq jours après, le roi fut tué par ses propres fils. 25 Alors Tobie revint dans sa maison, et tous ses biens lui furent rendus. 25. Il fut redevable de son retour, comme l’explique le texte grec, à l’intervention de son neveu Achiacharus (ou Achior, Vulg. xi, 20) : Mais cinquante (-cinq) jours n’étaient pas encore passés, que deux de ses fils le tuèrent et s’enfuirent dans les montagnes d’Ararat. Sarchedonus, son fils, régna à sa place. Il mit à la tête des finances de son père et de toutes ses affaires, Achiacharus, fils de mon frère Anati, Achiacharus intercéda pour moi, et je revins à Ninive. Achiacharus était échanson, garde du sceau, intendant et préposé aux affaires. Et Sarchedonus l’établit le premier après lui ; il était mon neveu. (Voir ii, 19 note.)