Tobie 12

La Nova Vulgata ne révise pas la traduction de saint Jérôme pour ce livre, comme elle le fait ailleurs : elle imprime à sa place une traduction latine plus ancienne, si bien qu’un même numéro de chapitre et de verset désigne un texte différent chez elle et dans la Vulgate clémentine.
Alors Tobie appela auprès de lui son fils et lui dit : « Que donnerons-nous à ce saint homme qui t’a accompagné dans ton voyage ? » XII, 1-5. Le texte des LXX est plus abrégé pour ces premiers versets. Tobie répondit à son père : « Mon père, quelle récompense pouvons-nous lui offrir ? Y a-t-il quelque chose qui soit en rapport avec ses services ? Il m’a conduit et ramené sain et sauf ; il a été lui-même recevoir l’argent de Gabélus ; il m’a fait avoir une femme, dont il a éloigné le démon, et il a rempli de joie ses parents ; il m’a sauvé moi-même du poisson qui allait me dévorer ; il t’a fait voir la lumière du ciel, et par lui nous avons été comblés de toutes sortes de biens. Que pouvons-nous lui donner qui égale ce qu’il a fait pour nous ? Mais je te prie, mon père, de lui demander s’il ne daignerait pas accepter la moitié de tout le bien que nous avons apporté. » L’ayant donc appelé, Tobie et son fils le prirent à part, et le prièrent de vouloir bien accepter la moitié de tout ce qu’ils avaient rapporté. Alors l’ange, seul avec eux, leur dit : « Bénissez le Dieu du ciel et rendez-lui gloire devant tout être qui a vie, parce qu’il a exercé envers vous sa miséricorde. 6. Les LXX ajoutent : « Il est bon de bénir Dieu et d’exalter son nom, en exposant pour sa gloire le récit de ses œuvres. Ne tardez donc pas de le louer. » Il est bon de tenir caché le secret du roi, mais il est honorable de révéler et de publier les œuvres de Dieu. 7. On lit en plus dans les LXX : « Faites le bien, et le mal ne vous atteindra point ». La prière est bonne avec le jeûne, et l’aumône vaut mieux que l’or et les trésors. 8. LXX : « La prière est bonne avec le jeûne et l’aumône et la justice. Mieux vaut la médiocrité avec la justice que l’abondance avec l’iniquité. Il vaut mieux faire l’aumône qu’amasser de l’or ». Car l’aumône délivre de la mort, et c’est elle qui efface les péchés, et qui fait trouver la miséricorde et la vie éternelle. 9. LXX : « Ceux qui pratiquent l’aumône et la justice auront une longue vie. » Mais ceux qui commettent le péché et l’iniquité sont leurs propres ennemis. Je vais donc vous découvrir la vérité, et je ne veux vous rien cacher. 11. Après ces mots : Je ne vous cacherai rien, les LXX répètent le verset 7. Lorsque tu priais avec larmes et que tu donnais la sépulture aux morts ; lorsque, quittant ton repas, tu cachais les morts dans ta maison pendant le jour, et que tu les mettais en terre pendant la nuit, je présentais ta prière au Seigneur. 12. LXX : « Lorsque tu priais, toi et Sara, ta bru, je présentais la mémoire de vos prières devant le Dieu saint. » Et parce que tu étais agréable à Dieu, il a fallu que la tentation t’éprouvât. 13. Ce verset manque dans les LXX. Maintenant, le Seigneur m’a envoyé pour te guérir, et pour délivrer du démon Sara, la femme de ton fils.
L’ange Raphaël et la famille de Tobie
Je suis l’ange Raphaël, un des sept qui nous tenons en présence du Seigneur. » 15. LXX : « Je suis Raphaël l’un des Sept (Vaticanus : saints) Anges qui présentent les prières des Saints, et qui ont accès devant la majesté du Saint. » En entendant ces paroles, ils furent hors d’eux-mêmes, et, tout tremblant, ils tombèrent la face contre terre. Et l’ange leur dit : « Que la paix soit avec vous ! Ne craignez point. Car, lorsque j’étais avec vous, j’y étais par la volonté de Dieu ; bénissez-le donc et chantez ses louanges. Il vous a paru que je mangeais et buvais avec vous ; mais je me nourrissais d’un aliment invisible et d’une boisson que l’œil de l’homme ne peut atteindre. 19. LXX : « J’étais tous les jours sous vos yeux, je ne mangeais ni ne buvais ; mais vous voyiez une apparence. » Il est donc temps que je retourne vers celui qui m’a envoyé ; mais vous, bénissez Dieu et publiez toutes ses merveilles. » 20. Les LXX ajoutent : « Et écrivez dans un livre tout ce qui est arrivé ». Après avoir ainsi parlé, il fut dérobé à leurs regards, et ils ne purent plus le voir. Alors, s’étant prosternés pendant trois heures le visage contre terre, ils bénirent Dieu, et, s’étant levés, ils racontèrent toutes ses merveilles.

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